Vaccination HPV GARDASIL (2)
QUI, QUAND ET COMMENT FAUT-IL VACCINER ?
QUELLE EFFICACITÉ ?
EST-CE DANGEREUX? QUEL RECUL? QUEL RAPPORT BENEFICE/RISQUE ?
Dr Claude Allouche, gynécologue
Raanana, Netanya
058 726 02 64
QUI, QUAND ET COMMENT FAUT-IL VACCINER ?
- Le vaccin contre le papillomavirus est recommandé entre 9 et 14 ans, avant les premières relations sexuelles qui l’exposeront quasi inéluctablement au virus car il n’élimine pas les souches du virus qui se seraient installées avant l’injection.
- En pratique, les patientes étant jeunes et mineures, ce sont donc le plus souvent leur maman qui acceptent ou refusent la vaccination de leurs filles. C’est donc aussi à elles que s’adressent ces informations…
- Néanmoins, au-delà de 14 ans, le vaccin reste recommandé mais il faudra réaliser 3 doses au lieu de 2.
- En Israel le vaccin Gardasil 9 est donné dans les écoles en classe de 4eme :
* à toutes les filles depuis 2012
* à tous les élèves filles et garçons depuis 2015
* avec 2 doses dans un intervalle de 6 mois.
- En classe de 3ème et par la suite, le vaccin est donné en 3 doses avec un intervalle de temps recommandé
* de 1 à 2 mois après la 1ere dose
* de 5 mois après la 2eme dose
- Il est réalisé par une injection intramusculaire au niveau du bras
- D’autres pays ont recommandé l’extension de la vaccination aux garçons (Australie, États-Unis, Italie, Canada, Norvège, Argentine, etc.), notamment pour des raisons épidémiologiques, mais également éthiques.
- Des études récentes ont démontré qu’au-delà de 20 ans ,la vaccination reste efficace, certes moindre qu’avant les premiers rapports sexuels mais elle permet de protéger les patientes contre les virus HPV auxquels elles n’auraient pas encore été exposées.
- Ainsi, depuis peu de temps la vaccination est aussi :
* expliquée et proposée jusqu’à l’âge de 45 ans,
* recommandée chez les patientes ayant déjà eu des frottis anormaux ou ayant subi une conisation.
- En Israel, comme en France, la vaccination anti-HPV est prise en charge par le bitouah leumi (securite sociale) jusqu’à l’âge de 18 ans. Au delà de cet âge, elle est encore conseillée mais reste à votre charge. des reductions significatives peuvent etre appliquees par votre koupat holim, surtout entre 18 et 26 ans.
- A plus long terme, une seule dose pourrait suffire. Plusieurs études ont démontré qu’une seule dose de Cervarix apporterait une protection suffisante. Reste à mener le même travail avec le Gardasil.
- Il est possible d’administrer le vaccin avec d’autres vaccins. Vous n’avez pas besoin de préserver un certain laps de temps entre ce vaccin et l’administration des autres vaccins.
- Il n’est pas nécessaire de vérifier s’il y a eu une infection par le virus avant l’administration du vaccin.
- Il n’est pas nécessaire d’aller forcément aller chez un gynécologue pour faire le vaccin car il n’impose aucun examen gynécologique.
En France, la vaccination peut être pratiquée par un médecin, une sage-femme, un infirmier (sur prescription) ou dans un Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), un centre de planification familiale et certains centres de vaccination publics.
En Israel, elle peut être pratiquée par un médecin ou un infirmier de la koupat holim sur prescription du rofé mishpaha ou du gynécologue.
QUELLE EFFICACITÉ ?
- L’efficacité des vaccins contre les HPV est aujourd’hui démontrée sur la réduction du nombre de lésions précancéreuses.
- Mais ces vaccins contre le cancer du col de l’utérus protègent-t-ils à 100 % ?
Non. Les deux vaccins ne confèrent pas une protection totale contre le cancer du col de l'utérus, car ils ne sont pas dirigés contre tous les types de papillomavirus.
Le Gardasil 9 est une version augmentée du Gardasil : en plus d'une protection contre les souches 6, 11, 16 et 18 du HPV, responsables de 70 % des cancers, il cible 5 souches supplémentaires pour protéger contre 90 % des cancers. Toute nouvelle vaccination doit être initiée avec le Gardasil 9.
Le Cervarix vise les souches 16 et 18, en cause dans 70 % des cancers.
Selon une étude anglaise parue le 3 novembre 2021 dans The Lancet , le vaccin Cervarix réduit les cas de cancer du col de l'utérus de 87 %, lorsqu’il est administré à l’âge de 12-13 ans.
Les réductions sont moins spectaculaires pour les autres tranches d’âges :
62 % pour les 14-16 ans
et 34 % pour les 16-18 ans.
Cela s’explique par le fait que moins d’adolescents plus âgés ont entrepris de se faire vacciner et qu’ils étaient peut-être déjà sexuellement actifs (donc potentiellement infectés) au moment de l’injection.
Le vaccin n’élimine pas les souches du virus qui se seraient installées avant l’injection.
- La vaccination ne remplace donc pas le dépistage régulier par prélèvement cervico-utérin (examen cytologique anciennement appelé frottis ou test HPV, pap smear en anglais ou פאפ en hébreu). Il reste possible de contracter une souche rare contre laquelle vous n’êtes pas protégées, même vaccinées. Comme il n’y a pas de symptôme, seul le frottis permet de s’assurer de la bonne santé du col de l’utérus. Il est donc toujours recommandé par les autorités de santé à partir de 25 ans, tous les trois ans, après deux frottis sans anomalie pratiqués à 1 an d’intervalle.
- Les pays comme l’Angleterre et l’Australie, qui ont mis en place des programmes généralisés de vaccination contre les HPV depuis 2007 et qui ont des couvertures élevées (70-80%), ont noté une diminution importante du nombre de cas de lésions précancéreuses du col de l’utérus chez les jeunes femmes.
- En Suède, une réduction des lésions précancéreuses de 75% a été observée chez les jeunes filles vaccinées avant l’âge de 17 ans (couverture vaccinale de 80%).
Une revue systématique de littérature réalisée en 2016 et incluant 58 articles mesurant l’efficacité en vie réelle du vaccin quadrivalent Gardasil® a conclu que les réductions maximales attendues étaient de
* 90% pour les infections à HPV 6/11/16/18,
* 90% pour les condylomes,
* 45% pour les anomalies cervicales de bas grade,
* et 85% pour les anomalies cervicales de haut grade.
- Le vaccin n’éliminant pas les souches du virus qui se seraient installées avant l’injection, l’idéal serait de vacciner toutes les jeunes filles (mais aussi les garçons) avant l’âge de 14 ans.
- Néanmoins, des études récentes ont démontré qu’au-delà de 20 ans ,la vaccination reste efficace, certes moindre qu’avant les premiers rapports sexuels mais elle permet de protéger les patientes contre les virus HPV auxquels elles n’auraient pas encore été exposées.
- Ainsi, depuis peu de temps la vaccination est aussi :
* expliquée et proposée jusqu’à l’âge de 45 ans,
* recommandée chez les patientes ayant déjà eu des frottis anormaux ou ayant subi une conisation.
* proposée systématiquement aux garçons de moins de 14 ans à l’école en même temps qu’aux filles, dans certains pays comme en Israel, en Australie, aux États-Unis, en Italie, au Canada, en Norvège, ou en Argentine…
EST-CE DANGEREUX? QUEL RECUL? QUEL RAPPORT BENEFICE/RISQUE ?
Le Gardasil est commercialisé en France et aux USA depuis 2006, ce qui nous donne plus de 15 ans de recul.
Entre novembre 2013 et avril 2014 35 plaintes ont été déposées par des jeunes patientes qui ont contracté des maladies invalidantes (sclérose en plaque, maladie de Verneuil, lupus, maladie de Guillain-Barré…) dans les mois qui ont suivi la vaccination et qui pensaient que le vaccin était responsable de leur maladie.
Cette affaire a été relayée par les médias nationaux pendant plusieurs semaines.
En novembre 2015, le Parquet de Paris a classé sans suite la première enquête sur le vaccin Gardasil.
La justice a considéré qu'il n'y avait pas de lien entre le vaccin et les maladies auto-immunes développées par les plaignantes. Cet avis s’est appuyé notamment sur les résultats de l’étude pharmaco-épidémiologique sur la sécurité d’utilisation de la vaccination anti-HPV réalisée par l’ANSM et l’Assurance maladie à partir de l’analyse des bases de données médico-administratives françaises.
Depuis leur lancement en 2006 le Gardasil et le Cervarix font l’objet d’une surveillance particulière par les autorités françaises et européennes. suite à ces plaintes, celle-ci a été recentrée, ces dernières années, sur la survenue de maladies auto-immunes, dont la sclérose en plaques.
Dans le cadre de cette surveillance renforcée, 2 grandes études ont été menées dans la population française.
La 1ere étude, qui a suivi pendant 3 ans 3 millions de jeunes filles nées entre 1992 et 1996, n'a pas fait apparaître plus de cas de sclérose en plaques chez les vaccinées que chez les non-vaccinées.
Une seconde étude a suivi plus de 2,2 millions de jeunes filles, âgées de 13 à 16 ans entre 2008 et 2012. Les résultats publiés en septembre 2015 se veulent rassurants :
- la vaccination anti-HPV N’AUGMENTE PAS LE RISQUE GLOBAL DE SURVENUE DE MALADIES AUTO-IMMUNES;
- toutefois, une augmentation du risque de développer un syndrome de Guillain-Barré "apparaît probable" mais dans des proportions limitées: le nombre de cas attribuables à la vaccination serait de l’ordre de 1 à 2 cas pour 100 000 jeunes filles vaccinées, soit 0,001 %…
- Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), ces chiffres ne sont pas alarmants quant au risque de survenue de maladies auto-immunes en lien avec la vaccination anti-HPV.
Les autres études internationales notamment celles de l’OMS réalisées aux usa et au Royaume-Uni sur plus de 60 millions de doses n’ont pas retrouvé cette légère augmentation du syndrome de Guillain Barré:
Les études britanniques et américaines ont conclu, sur la base de leurs données respectives, qu’un risque supérieur à 1 cas par million de doses pouvait maintenant être exclu.
LE RAPPORT BENEFICE / RISQUE RESTE DONC EN FAVEUR DU VACCIN
CONTROVERSES À L’ÉTRANGER
Danemark : syndrome de tachycardie posturale orthostatique (STOP)
En 2015, une controverse apparaît au Danemark sur des maladies autres que celles auto-immunes. Une équipe danoise alerte sur un lien supposé entre le syndrome de tachycardie posturale orthostatique (STOP) et le vaccin quadrivalent Le STOP est défini par l’apparition de symptômes orthostatiques associés à une augmentation de la fréquence cardiaque égale ou supérieure à 30 battements par minute, en l’absence d’hypotension orthostatique.
Suite à la médiatisation de cette alerte et la publication d’un documentaire intitulé « Les filles vaccinées – Des malades trahies », la couverture vaccinale est passée de 90% à moins de 40%.
Japon : syndrome douloureux régional complexe (SDRC)
Depuis 2010, la vaccination contre les HPV était proposée gratuitement au Japon. En 2013, le ministère de la Santé japonais a introduit la vaccination contre les HPV dans le calendrier vaccinal. Trois mois plus tard, le ministère a suspendu la recommandation active de cette vaccination, suite aux signalements d’effets secondaires, notamment le syndrome douloureux régional complexe (SDRC), apparus chez les filles ayant reçu le vaccin anti-HPV, malgré l’absence de corrélation établie entre le vaccin et le SDRC. Le SDRC est caractérisé notamment par une douleur chronique des membres.
La médiatisation de ces signalements a conduit à une chute du taux de couverture vaccinale, de 70% à moins d’1% entre 2012 et 2014.
Position de l’Agence européenne du médicament:
L’Agence européenne du médicament (EMA) a analysé ces deux alertes. L’examen de l’EMA a inclus des recherches publiées, des données issues d’essais cliniques, et les déclarations des effets indésirables suspectés de patients et de professionnels de la santé, ainsi que des données fournies par les États membres.
Confirmant ses recommandations initiales, l’EMA a confirmé en 2015 que LES RESULTATS NE MONTRAIENT PAS DE LIEN CAUSAL ENTRE LES VACCINS ANTI-HPV ET LE DEVELOPPEMENT DU SDRC OU DU STOP
Position de l’OMS
Le comité consultatif mondial pour la sécurité des vaccins de l’OMS a étudié la sécurité du vaccin contre les HPV en juin 2017.
À partir des dernières études disponibles et des résultats préliminaires d’une revue systématique (à l’initiative de l’OMS) des événements indésirables graves suite à l’administration de ces vaccins, le comité n’a relevé AUCUNE PREUVE D’UN LIEN CAUSAL entre le SGB, le syndrome douloureux régional complexe, le syndrome de tachycardie orthostatique posturale, l’insuffisance ovarienne prématurée, le risque thromboembolique veineux et les vaccins contre les HPV.
LA PRISE EN COMPTE DE L’ENSEMBLE DES DONNÉES DISPONIBLES MONTRE DONC QUE LES EFFETS INDÉSIRABLES GRAVES ALLÉGUÉS DES VACCINS CONTRE LES HPV NE SONT PAS VALIDÉS SCIENTIFIQUEMENT.
LE RAPPORT BENEFICE / RISQUE RESTE DONC EN FAVEUR DU VACCIN